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HAUT-LANGUEDOC - UN PARC AUX MULTIPLES FACETTES

Carte du parc
Carte générale du Parc Régional du Haut-Languedoc et de ses sept secteurs.

Il existe depuis les années 1970 un parc naturel régional à cheval sur les départements du Tarn et de l’Hérault qui porte le nom de Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, il n’atteint pourtant sa taille actuelle qu’en 1999, année où il fut adopté une charte relative à cet espace naturel préservé (voir encadré).
Ce parc naturel se situe donc au Sud et à l’Est du Tarn, ainsi qu’au Nord-Ouest de l’Hérault. Il s’étale sur 260 000 Ha et comprend 93 communes assez équitablement réparties entre les deux départements.
La plus grande particularité de l’endroit est d’être placé sur la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique. Cette spécificité entraîne des différences climatiques dues aux deux étendues d’eau qui influencent plutôt un côté du parc que l’autre. Cette diversité en a entraîné d’autres et a permis de délimiter sept grandes zones : le Sidobre au Nord-Ouest du parc, les Monts de Lacaune qui couvrent le front Nord, les Monts d’Orb à l’Est, le Caroux coincé entre Lacaune et l’Orb, la Montagne Noire présente sur une longue partie Sud, les Vignes et Vallées au Sud-Est et le Plateau des Lacs placé au centre du parc.
Mais, est-il possible que la nature influence la culture des hommes ? L’Histoire a-t-elle un lien étroit avec l’environnement naturel ?
Ces questions peuvent paraître idiotes, mais un regard plus fin sur le Parc Régional du Haut-Languedoc peut permettre de trouver des réponses à celles-ci et même peut-être à d’autres bien plus larges et tournées vers l’avenir…

Le Sidobre

Rocher du Sidobre
Rocher de granit dans le Sidobre.

Avant même que l’homme n’occupe la région, la géologie préparait un futur et même une base à l’économie de l’espèce humaine. Les mines en sont le plus bel exemple, le Sidobre en est le plus impressionnant.
Ici, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, une activité volcanique souterraine a donné naissance à un minéral d’exception : le granit. Une sorte d’expression de toute puissance naturelle comprise entre la force du roc et la beauté de la disposition de certains d’entre eux.
La nature profonde est souvent source de légendes. Dans le Sidobre, il s’agit plutôt de l’expression de celle-ci. En effet, les grandes roches posées en équilibre sur de tout petits cailloux prêtent à rire autant qu’à écrire sur eux. Il en va de même pour les formes plus ou moins explicites de certains d’entre eux.

Dans cet espace entièrement dévoué au granit, les maisons sont bâties avec le minerai exploité. Elles ont des allures de bâtisses montagnardes avec leur toit noir et pointu. La fraîcheur de l’hiver due à l’altitude autant que les précipitations plutôt abondantes, en raison d’une influence océanique, font prédominer le vert et tendent à introduire les Monts de Lacaune tout proches.

Les Monts de Lacaune

PRINCIPALES DATES
1950 : Projet de parc national sur le massif du Caroux.
1963 : Proposition d’un parc national sur le Sidobre.
22 octobre 1973 : Création du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc s’étendant sur 140 000 Ha et comprenant 70 communes sur le Tarn et l’Hérault.
13 juillet 1999 : Classement du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc par décret sous sa forme actuelle.

En plus d’avoir le point culminant du parc (le roc du Montalet : 1259 m), les Monts de Lacaune sont aussi (et cela va de soi) les plus représentatifs de ce que l’on peut trouver dans un paysage de montagne. L’altitude moyenne de l’endroit est assez élevée et le climat très changeant. L’hiver y est froid alors que l’océan y envoie une douceur estivale appréciable ainsi que des précipitations tout au long de l’année.

Ces dernières sont plus qu’importantes en ces lieux parfois rudes. En plus de donner de belles couleurs au paysage (vert au printemps et blanc immaculé en hiver) elles permettent le jaillissement de nombreuses sources réputées. Les hommes habitent cet endroit depuis bien longtemps, comme en témoigne les statues menhirs disséminées dans la campagne, et les Romains avaient déjà fait de Lacaune une ville thermale. L’eau exploitée là est d’une pureté rare et sa commercialisation continue encore aujourd’hui avec la production de 5 eaux minérales différentes.
Le mode de vie est, ici plus qu’ailleurs dans le parc, typiquement montagnard. Les maisons sont couvertes de toit en ardoise et l’état d’esprit toujours chaleureux.

Les Monts d’Orb et le Caroux

Paysage du Caroux
Vue panoramique d’un paysage typique du Caroux.

Placé à l’Est du parc régional, ils sont le prolongement des Monts de Lacaune et aussi les monts les plus septentrionaux du parc.
Cependant, ici, on est plus sur le versant méditerranéen et le climat n’est pas l’identique de celui de Lacaune. Le paysage fort préservé permet de trouver ça et là des végétaux en abondance et un biotope varié. Il existe même en cette région des plantes endémiques !
Ici les végétaux sont plus ras qu’ailleurs et la garrigue est dominante.

Village du Caroux
Village du Caroux avec son église.

Les architectures sont plus ramassés et souvent faites en pierres sèches. On trouve aussi des murs délimitant des champs, ce qui est bien plus proche d’un style méditerranéen que montagnard.

Le Caroux marque le lien entre les deux côtés. De ce fait, il est, au même titre que le Plateau des Lacs, très diversifié. Il bénéficie d’une faune très spécifique qui comprend notamment le mouflon qui est unique sur le parc naturel.
Les influences sont ici multiples car assises sur une crête changeante. On y voit tantôt le soleil de la méditerranée, tantôt la pluie de l’Atlantique. Cela n’a pas empêché les habitants de tous temps d’y construire de fabuleux villages...

La Montagne Noire

La Montagne Noire est en quelque sorte la gardienne du Sud du parc. Elle marque l’extrémité australe du parc et trace une ligne entre les Pyrénées et le Massif Central dont les Monts de Lacaune sont directement dépendants.
Son paysage encaissé a donné naissance à de multiples moments marquants de l’histoire du Tarn. Les Cathares y avaient trouvé refuge, de même que les protestants quelques siècles plus tard ou encore les maquisards lors de la Seconde Guerre Mondiale. Tous ces mouvements ont marqués la culture locale au point de donner une forme « d’enclavement culturel » des lieux. Même si le côté tourné vers le Lauragais a moins subi cette influence.

Vue sur Mazamet
Vue de Mazamet depuis les hauteurs de la ville.

Tous ces mouvements ne sont pas innocents, la géographie locale a toujours inspiré aux habitants un goût prononcé pour l’autarcie. Ainsi, on trouve, en plus de multiples vestiges des conflits fréquents, de larges édifices religieux propices au recueillement et à la méditation.
Finalement, l’homme a paradoxalement presque plus marqué ces lieux peu propice à cela que d’autres endroits plus « accessibles ». Il en résulte une histoire riche et des vestiges nombreux et variés.

Les vignes et vallées et le plateau des lacs

Les vignobles s’étendent au Sud-Est du parc et redescendent vers la Méditerranée. Ici, l’océan n’a plus aucune influence et le paysage s’en ressent. Les pluies sont moins abondantes et la culture de la vigne est omniprésente.
Cette partie du parc est totalement tournée vers le vignoble et le tourisme. Finalement très peu de choses la rapproche des autres grandes parties, sinon qu’elle est le prolongement direct de phénomènes qui se sont déroulés plus haut, à commencer par le partage des eaux entre océan et Méditerranée.

Lac de la Raviège
Le lac de la Raviège et son ambiance estivale.

Le Plateau des Lacs est le centre du parc. Il est aussi représentatif de l’ensemble. Le plateau est assez haut en altitude (comparé à l’ensemble du parc) mais reste assez bas pour ne pas connaître trop de rudesse. Il est aussi géographiquement l’endroit où l’eau fait son choix : Aller vers la mer ou vers l’océan.
Ceci a permis aux hommes de construire plusieurs lacs artificiels qui permettent le tourisme autant que la production d’électricité plus bas dans le parc. Là-bas, les gens sont chaleureux et accueillants. Le climat est relativement doux mais souvent humide.

La diversité du parc

FICHE D'IDENTITE
- Superficie : 260 000 Ha (54% dans le Tarn et 46% dans l’Hérault).
- Population : 82 000 habitants répartis dans 93 communes.

Si l’on tient compte des disparités entre les différentes composantes du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, on s’aperçoit que là où la culture change, le paysage n’est plus le même. La montagne renferme des édifices témoins d’un certain sens du recueillement (notamment dans la Montagne Noire) alors que les plaines ont toujours été plus accueillantes et ouvertes au passage.
Le parc est riche d’une histoire longue (les traces les plus anciennes datent de plusieurs dizaines de milliers d’années) aux multiples facettes. L’union d’aujourd’hui laisse penser que les différences n’appartiennent qu’au passé et que l’avenir se dessine de façon unique. Peut-être une chance puisque l’union fait la force dit-on…

Saint-Pons-de-Thomières
Vue d’ensemble du village de Saint-Pons-de-Thomières.

QUE DOIT-ON VOIR ?
- Dans le Sidobre : la Peyro-Clabado, le roc de l'Oie, les Trois Fromages, la Pochée du Diable, le lac du Merle, l’observatoire astronomique de Montredon-Labessonnié (le plus ancien de France), entre autres…
- Dans la Montagne Noire : Hautpoul, Sorèze, Dourgne, le lac de Saint-Ferréol et tant d’autres choses !
- Sur les Monts de Lacaune : le Pont Vieux de Brassac, les statues menhirs dispersées dans toute la campagne, le château de Ferrières et de multiples villages magnifiques comme Vabre ou, bien entendu, Lacaune.
- Sur le Plateau des Lacs : le Lac des Saint-Peyres, le Lac de la Raviège, le Laouzas, la Salvetat-sur-Agout, Anglès ou encore le Saut de Vésoles.
- Dans le Caroux : le Jaur, l'Orb, les Monts de l'Espinouse et du Caroux, les gorges d'Héric, Douch, Rosis ou Salvergues.
- Sur les Monts d’Orb : Saint-Gervais-sur-Mare, Graissessac, Ceilhes-et-Rocozels, le lac d’Avène, le Pic de Tatanjo et tant d’autres beautés cachées.
- Dans les Vignes et Vallées : Minerve, Pardailhan, Olargues, Vieussan, Roquebrun, Saint-Pons-de-Thomières ou encore le Pont de Tarassac.

Sources : http://www.vivrehautlanguedoc.com (site supprimé) ; http://www.parc-haut-languedoc.fr ; Le Tarn - Encyclopédie Illustrée (avril 2004).

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contact : benassi.nikoland@gmail.com

NIKOLAND - AUTEUR - ROMANS - TEXTES - ARTICLES