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ECO-VILLES - L'AVENIR DE L'URBANISME ?

Plan de BedZED
Plan d’une partie de BedZED, le premier éco-village.

Ces dernières années, avec la recrudescence des gaz à effet de serre, l’importance croissante de la déforestation des milieux tropicaux ainsi qu’avec la pollution de l’eau – ou encore l’utilisation néfaste de pesticides – l’écologie est devenue une matière importante possédant une dimension moins politique que cela ne fut le cas auparavant.
Dans un tel contexte, avec en plus l’augmentation de la population mondiale, il est né l’idée de constituer des villes écologiques que l’on nomme : éco-villes.

Naissance de BedZED, le prototype

Une firme anglaise s’est penchée sur le problème de la pollution de l’air et sur l’économie des énergies fossiles, Londres étant parmi les villes les plus sujettes à ce genre de pollution.
Il est donc né l’idée de fabriquer un éco-village qui serait entièrement construit autour de la notion d’économie d’énergie et de baisse de nuisances envers la nature. Ce site pilote a été implanté dans la banlieue londonienne – à 40 km tout juste de la capitale britannique. Il lui fut donné le nom de BedZED (Beddington Zero Energy Development) et les travaux commencèrent en l’an 2000.
Le but principal avoué était d’économiser les énergies fossiles (comme le pétrole) en projection des éventuelles pannes dans un avenir proche. Le site a principalement été choisi pour sa proximité avec la capitale.

Position de BedZED
Carte de la banlieue de Londres, et position
de BedZED.

Le fonctionnement de BedZED

Le principe de BedZED est simple et difficile à la fois. Pour ce qui est de la construction, rien n’a été laissé au hasard. Dans un premier temps, pour favoriser l’économie locale, les travaux furent approvisionnés par des entreprises de la région (les matériaux devant provenir en priorité d’un rayon de 60 km autour du site). Au niveau de l’organisation de la ville, tout a été pensé pour économiser l’énergie et pour en fabriquer un maximum grâce aux énergies renouvelables.
De ce fait, il fut placé des panneaux solaires ainsi que des éoliennes de manière à capter le maximum d’énergie produite par l’environnement naturel. Les bâtiments sont tous orientés plein sud de manière à capter au mieux la chaleur et les plans intérieurs ont été pensés pour économiser au plus le chauffage. Il fut aussi question de confort et la volonté des créateurs de BedZED était de ne pas altérer (autant que faire se peut) le confort des gens qui choisiraient de vivre là. Les conditions de vies sont donc identiques à celles que l’on peut connaître dans toute la Grande Bretagne, à quelques exceptions près.

LES EMULATIONS A L'ETRANGER
Devant le succès connut par BedZED, tant sur le plan écologique qu’économique (le coût des installations s’est révélé très compétitif), plusieurs pays se sont mis sur les rangs pour importer ce principe. Dans les nations qui ont déjà pris contact avec les fondateurs de BedZED, on trouve la France et l’Afrique du Sud qui veulent créer des HLM sur le principe de l’éco-village.
Dernièrement la Chine s’est ajoutée à la liste en lançant un vaste projet écologique en vue de l’exposition universelle qu’elle accueillera en 2010.

En effet, les bâtiments ainsi que les diverses installations (station d’épuration d’eau, panneaux photovoltaïques, éoliennes…) ne suffisent pas à garantir une économie d’énergie et une limitation des déchets. Aussi, en plus de quelques techniques de construction (comme une grande isolation des bâtiments pour économiser le chauffage), il est demandé à tout un chacun d’y mettre du sien. Cela ne va pas chercher bien loin, mais il faut tout de même souligner que le tri des déchets est relativement poussé (quatre sortes de poubelles existent) et que les déplacements doivent être limités.
De ce côté-là, les créateurs de BedZED ont réfléchi à une organisation urbaine permettant à tout le monde de limiter au plus les déplacements motorisés (proximités des commerces ou des divers centres névralgiques de la vie urbaine : docteurs, écoles ou espaces culturels).

Le dernier point d’orgue du système provient de la réutilisation des énergies déjà consommées. Pour ce faire, une station d’épuration a été intégrée au village et traite les eaux usées de manière à pouvoir les réutiliser. De ce fait, en plus de récupérer l’eau de pluie pour des fins quotidienne (arrosage, chasses d’eau…), il est redistribué l’eau ainsi traitée pour ces mêmes tâches.

Les résultats du Projet

L'EMPREINTE ECOLOGIQUE
Sous cette appellation se cache un système de calcul de l’impact écologique de chaque habitant de la planète. Ce système est né dans les années 90 au Canada et converti l’utilisation énergétique de chacun en hectares équivalents. Il transforme donc l’énergie que l’on consomme en surface qu’il faut à la Terre pour créer cette énergie-là. Il apparaît, dans des études récentes, que les pays les plus « consommateurs » de surface sont les pays développés en tête desquels on retrouve les Etats-Unis.

DONGTAN : LE PROJET PHARE
Dans le cadre de l’Exposition Universelle de 2010, la Chine a lancé un projet gigantesque : la création d’une éco-ville appelée Dongtan.
La société créatrice de BedZEd a été contactée par les autorités chinoises pour mener ce projet. Cette ville devra accueillir 50 000 personnes dès 2010 et pourrait évoluer jusqu’à 500 000 à l’avenir. Il semblerait que les exigences chinoises soient au-dessus de ce qui est actuellement en place à BedZED, puisque les émissions de gaz seront purement et simplement interdites – pas de véhicules polluants – et que les régions agricoles proches de la ville devront fonctionner sous le système de l’agriculture biologique.
Si l’on rajoute à cela la présence d’une réserve naturelle sur l’île où le site va être implanté, on obtient un projet colossal qui devrait voir le jour d’ici 2010. Une véritable avancée en matière d’éco-urbanisme.

Après plusieurs années de fonctionnement (les travaux ses sont terminés en 2003), BedZED affiche un bilan très honorable. En effet, la consommation d’énergie a grandement diminué dans cette zone. On arrive ainsi à économiser 50% d’énergie de façon globale, on atteint même des sommets dans des domaines comme le chauffage où l’économie est de 90% !
Il n’y a cependant pas que des bons côtés. En effet, même si l’empreinte écologique de chaque habitant de BedZED est diminuée, elle n’est pas nulle et certains défauts existent encore. On peut citer à titre d’exemple les véhicules polluants qui sont toujours présents dans la zone (même s’ils sont en petit nombre et s’il y a des voitures électriques à la disposition des habitants). On note aussi la présence d’une vaste chaudière de copeaux de bois qui produit de l’électricité et qui permet de chauffer l’eau du village. Cette technique est novatrice et contrôlée (le bois ne vient que d’endroits certifiés), mais elle n’est pas sans conséquence pour l’environnement.

Malgré tout ceci, on peut dire que BedZED reste un exemple à suivre, ce qui est le cas de certains pays, et même si des améliorations peuvent être apportées, ce prototype représente une belle avancée dans la recherche d’un équilibre entre la vie des hommes au sens large et la planète sur laquelle ils évoluent...

Sources : http://www.peabody.org.uk ; http://www.novethic.fr ; http://www.news.fr/ ; Ushuaïa Magazine N°1 (octobre 2006) ; Quartiers Durables—Guide d’Expériences Européennes (avril 2005).

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contact : benassi.nikoland@gmail.com

NIKOLAND - AUTEUR - ROMANS - TEXTES - ARTICLES