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BIOGRAPHIE

Portrait de Nicolas
Portrait de Nicolas.

Nous y voici ! Malgré toutes nos mises en garde, votre curiosité aura été la plus forte. Inutile d’insister, nous n’entrerons pas dans cette caverne dont les parois déroulent une vie… Nous vous laissons seuls juges…

« Tout a commencé le 30 août 1980 à Mazamet. Je ne sais où nous en étions de la semaine – ou du jour d’ailleurs – car les souvenirs de ces temps anciens m’échappent. Ce que je sais, c’est que je n’étais pas le premier (j’avais un frère aîné d’un an) et que, de ce fait, je ne serai jamais vraiment seul.
Le décor était fixé dès le début, et pourtant… Mes parents étaient agriculteurs et vivaient aux environs de Mazamet – sur la commune du Pont de l’Arn. Dans le sud du Tarn, dans ces temps toujours plus lointains, la vie était heureuse et simple. Elle a quand même réussi à me donner une particularité à laquelle je tiens : des origines italiennes.
Rien de vraiment noble – au sens aristocratique du terme – mais une origine culturelle supplémentaire qui va devenir enrichissante.

Les premiers mois de la vie (dont je ne me souviens guère) furent très durs pour mes parents. De graves problèmes de santé – alors que je n’avais pas six mois – ont ponctué mes premiers instants parmi les vivants.
De symptômes spectaculaires (convulsions, arrêts cardiaques) en erreurs de diagnostics, je me suis fort rapidement retrouvé en milieu hospitalier. Si les causes réelles de la maladie sont restées aussi obscures que la maladie elle-même – ou ce qui m’en a guéri – je suis tout de même sorti de l’hôpital comme j’y suis entré : sans savoir pourquoi !
Il ne me reste que deux souvenirs de cette période (dont un indirect) : une cicatrice dans la pliure de mon bras droit (trace qui n’a cessé de croître au fur et à mesure que j’ai grandi) ; et une certaine retenue gustative pour les carottes qui serait la résultante d’une cure intensive au jus de carotte dont je fus victime pendant mon hospitalisation.
Je n’ai aucune idée de quand datent mes souvenirs les plus anciens et j’aurais du mal à classer les plus récents. Le temps est trompeur, complexe et obsédant si l’on s’y intéresse (d’ailleurs mes écrits en témoignent). Du coup, je n’ai pas vraiment d’épisode notable à raconter sur les premières années de ma vie (sinon un apprentissage difficile du vélo, certaines vidéos peuvent en témoigner).

J’ai fait mes débuts à l’école de Saint Baudille (village voisin où j’ai de nombreux souvenirs) aux environs de mes quatre ans. Lorsque j’y suis entré, cette école était à l’agonie, quelques années plus tard son effectif avait été multiplié par dix ! Durant cette période (jusqu’à l’été 1991) je fus ce qu’on appelle un élève modèle ! Non, pas vraiment. Mon ancien instituteur me regarde par-dessus l’épaule, je me dois de restituer la vérité.
On ne peut pas dire que j’avais des problèmes avec les matières enseignées (mes bulletins en offrent la preuve) par contre j’étais un élève turbulent toujours prêt à faire la bêtise qu’il ne fallait pas. Il faut avouer que j’étais alors un petit garçon nerveux et râleur qui ne tenait pas en place.
Etrangement, alors que mon instituteur avait un vrai penchant pour les lettres, ce sont les chiffres qui m’ont le plus attiré en premier.
Au cours de ce laps de temps, plusieurs choses changèrent mon quotidien ou furent sujets à souvenirs. Il y eut le décès de mon grand-père maternel, au chapitre des malheurs ; un accident de vélo (encore !) qui m’a valu une perte de connaissance et, pour terminer sur une note positive, la naissance de ma sœur cadette (la seule que j’ai du reste) en décembre 1990.

Nous voilà donc à l’aurore de ce qui constitue le tournant de la vie : l’adolescence. Pour ma part, avec le recul, je pense ne pas avoir trouvé la sortie de ce labyrinthe ; j’ai toujours l’étrange impression de chercher l’âge adulte… Enfin bref, cet épisode – compris entre 1991 et 1998 – est très important et marque le début d’une foule de choses toujours aussi présentes dans ma vie.
Tout d’abord, il y a le football ! J’y jouais depuis 1987 mais plus pour me défouler qu’autre chose. A compter de la Coupe du Monde 1990 (en Italie !), j’ai commencé à m’y intéresser comme un sport à part entière (règles du jeu, tactiques, fonctionnement…). Le succès de l’Olympique de Marseille en coupe d’Europe, ainsi que la passion de mon ex-instituteur pour le ballon rond, m’ont poussé à pratiquer d’autant plus ce sport. 1996 marque une progression supplémentaire dans mon développement sportif car – faute d’équipe dans ma tranche d’âge – j’ai été obligé de jouer avec les « adultes » ! Je me vois encore du haut de mon mètre soixante et de mes cinquante kilos, arriver en mobylette à l’entraînement. Je me remémore les conseils de l’entraîneur qui, devant me trouver fluet, me disait que je n’avais qu’à faire de mon mieux. Dans tous les cas, je ne regrette pas cette période qui m’a permis de nouer des liens avec la génération précédente.
Au-delà du sport, il y a la scolarité (la vie professionnelle pourrait-on dire). De ce côté-là, j’ai commencé au collège par une attitude calme voire même renfermée (comportement que j’ai encore lorsque j’arrive dans un nouveau « milieu »). Les résultats étaient bons et le grand écart entre les sciences et les lettres, commençait à s’accentuer. Les années passèrent, les notes restaient correctes, mais mon comportement se rapprochait de plus en plus de ce qu’il était auparavant. Comme j’avais quelques facilités, je m’appliquais à les gâcher en me rendant « intéressant ». Dans mes derniers temps de collégien, alors que je me dirigeais vers l’obtention du Brevet des Collèges de façon quasi-inéluctable, je finis par atteindre le sommet de mon art en matière de bêtise (notez que je reste poli) : mauvaises fréquentations, interventions policières (heureusement sans conséquences pour moi) et attitude déplorable pouvant conduire jusqu’au harcèlement (un certain plaisir à être méchant finit même par poindre).
Bref, devant tant de comportements répréhensibles, il était logique que la hiérarchie finît par me convoquer : heures de colle, passages dans le bureau du directeur… Mon seul mérite est d’avoir su arrêter avant l’expulsion ! Ce fut pendant ces années-là que la comptabilité fit irruption dans ma vie – en même temps que l’électronique, voie que j’ai abandonnée sans vraiment savoir pourquoi.
Au lycée, j’ai pris la décision de suivre une filière scientifique. Cela correspondait à mon carnet de notes. Les années aidant, j’ai commencé à m’assagir. Aussi, je conserve de meilleurs souvenirs du lycée que du collège. C’est là que j’ai eu mon premier contact marquant avec l’étranger (trois semaines aux Etats-Unis) même si j’avais déjà été en Italie ou en Espagne auparavant, cette expérience fut unique.
A l’été 1998 j’étais devenu un frais bachelier d’un calme étonnant (encore que le futur me réservait des surprises à ce sujet).
Si l’on procède à un retour en arrière et que l’on considère à nouveau les derniers instants de mon enfance sous un angle différent, on y découvre une nouvelle facette. Dans les environs de mon dixième ou onzième anniversaire naquirent mes premiers écrits. Il s’agissait de bandes dessinées très courtes (une dizaine de vignettes) aux traits déplorables (j’ai du mal à dessiner une simple maison !) et aux histoires sans intérêt. Parallèlement, je découvrais l’œuvre de Jean-Michel Jarre par l’intermédiaire de son best-of : Images. Sans avoir aucune explication à donner là-dessus (comme tant d’autres choses dans mon existence), sa musique était la seule qui m’intéressait. Lentement, mais sûrement, les bandes dessinées commençaient à peupler mon univers étrange. Au fil de mes années collège, je prêtais un peu plus attention à la variété française et mes premiers poèmes sortirent de mon âme labyrinthique. Je me contentais alors de détourner les paroles de chansons pour y en apposer d’autres.
En juillet 1993 arriva mon frère cadet et nous furent donc quatre à marcher le long du chemin. S’ensuivit mon époque lycéenne qui a été la plus prolifique de ma vie : poèmes, scenarii de pièces de théâtre, nouvelles… De multiples écrits firent leur apparition. Le début d’une amitié durable avec un musicien-compositeur me poussa à écrire et à écouter quelqu’un d’autre que Jarre : Jean-Jacques Goldman ! Ma véritable grande ouverture à certains arts (musique, cinéma et BD) ne vint cependant que plus tard. En attendant, je me nourrissais de télé (que j’ai laissé tomber ensuite), de BD (trop peu !), du duo improbable Jarre – Goldman et de jeux vidéos ! Ces derniers occupant une place aussi importante dans ma vie quotidienne que ma scolarité.

Tout ceci prit fin en 1998 et se conclut par un départ pour Toulouse dans le cadre de mes études et une destruction massive de ce que j’avais pu écrire… Il ne reste plus rien de mes premiers pas artistiques, de mes premiers amours (qui n’intéresseront personne) ou de mes inquiétudes d’alors.

Ainsi débuta l’âge adulte ! D’un point de vue biologique car je réitère mes réserves à propos de mon esprit. Des études à Toulouse donc, en comptabilité, ponctuées par des examens annuels (DPECF en 1999, DECF en 2000, 2001 et 2002 – il m’aura fallu 3 ans pour l’avoir en totalité) et rythmées par de nouvelles connaissances ainsi que la naissance d'une légende (la légende DU) qui, à ce jour, se transmet uniquement de façon orale, mais cela pourrait évoluer un jour...
Le cinéma entra vraiment en scène ; Spielberg me fit chavirer devant sa maîtrise de la caméra, Audiard m’étonna avec sa verve et une véritable curiosité artistique pointa le bout de son nez. Les BD s’enchainaient sur un rythme plus élevé (mais toujours trop faible à mon goût) ; la musique envahit soudainement mon univers avec une variété nouvelle (métal, musique classique, rap, techno, tout était bon à entendre) ; il survint aussi une attirance croissante pour l’animation japonaise avec son côté radicalement différent de nos œuvres. Bien entendu Miyazaki prit une place considérable mais Mamoru Oshii aussi. Tout ceci devait d’ailleurs évoluer en une attirance pour la culture nippone dans son ensemble.
Ce changement de cap provoqua (en 2000) l’écriture d’un roman qui fut publié en 2003. Cette nouvelle aventure me rendit « accroc » à l’écriture et m’obligea à lire plus. Je découvris Flaubert ou encore Dostoïevski ; j’envisageai la langue française avec un point de vue plus « scientifique » ; orthographe, règles de grammaire… Tout se transformait en simples « méthodes de calculs. »
La poésie continua son bonhomme de chemin en se détachant un peu plus de la musique pour avoir une existence propre. Le garçon survolté n’était plus qu’un souvenir qui avait fait place à un jeune homme calme et posé.

Comme les études prirent fin, la vie active débuta. Tout est allé très vite, mon premier entretien d’embauche fut le bon et le lendemain de mon dernier examen, je commençais à travailler. Ce fut un retour à la case départ (d’un point de vue géographique) puisque je travaille à Castres – à 20 Km de Mazamet. Une nouvelle ère débutait alors.
Malheureusement je perdis mon grand-père paternel, mais mon « âme italienne » ne s’est pas éteinte pour autant…
Ma passion pour la BD s’est multipliée (je lis une centaine d’albums par an). La musique continue à bercer mes journées avec toujours autant d’éclectisme. Il n’y a guère que le cinéma qui a ralenti sa course.
Les jeux vidéos se sont dissipés au fur et à mesure que mon esprit se posait. Le foot a pris une autre dimension puisque je me suis assis sur le banc pour diriger mon équipe !
Du point de vue littéraire, j’ai continué mon chemin romanesque et poétique auquel est venu s’ajouter une occupation passagère (le journalisme), une rencontre avec un dessinateur qui devrait déboucher sur de multiples choses intéressantes (le spectre de la BD n’est pas loin) ainsi qu’un goût exquis pour les voyages improvisés (Japon, Islande…).

Aujourd’hui se dresse devant moi l’avenir aussi attirant qu’incertain. Nul doute qu’il me réserve son lot de surprises ! »

Nicolas Benassi

contact : benassi.nikoland@gmail.com

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